
Balbuzard pêcheur : des mesures pour protéger cet oiseau en Corse
Publié le par Claire Garcés
Connaissez-vous le Balbuzard pêcheur ? En France, cet oiseau n’est présent plus que sur l’île de beauté, la Corse. Le rapace ayant disparu en France continentale, plusieurs mesures de protection concernent aujourd’hui cette espèce. L’objectif est d’assurer sa reproduction et d’empêcher sa disparition totale en Corse. Parlons Planète vous emmène découvrir le Balbuzard pêcheur. 🦅
Balbuzard pêcheur : un oiseau présent en Corse
Le Balbuzard pêcheur est un rapace diurne reconnaissable par son plastron blanc et son envergure pouvant atteindre entre 145 et 170 cm. De la famille des Pandionidés, c’est un oiseau présent sur tous les continents (excepté l’Antarctique), notamment en Nouvelle Calédonie où la population de Balbuzards est importante.
Si le rapace peuplait autrefois nombre des cours d’eau français, sa présence a fortement diminuée en Europe au cours du XXème siècle. En effet, classé comme “gibier nuisible” à la fin du XIXème siècle, puis chassé plus tard par les pêcheurs et les pisciculteurs, le Balbuzard pêcheur avait fini par disparaître complètement de la France continentale.
Aujourd’hui, les dernières populations se trouvent principalement en Corse, l’île refuge de cet oiseau. Depuis le début des années 1990, la reproduction de l’espèce est en très légère hausse. Dans l’Hexagone, quelques Balbuzards sont observés notamment dans la région Centre et dans les Landes.
Un oiseau menacé
En plus des menaces naturelles (prédation des œufs, destruction des nids par d’autres espèces), le Balbuzard pêcheur est menacé par les activités humaines. Outre les tirs ou les piégeages, le rapace est victime de :
- dérangement humain (exploitation forestière, navigation, tourisme…) notamment en période de reproduction ;
- collision avec des installations électriques, l’une des principales causes de mortalité ;
- la pollution et la limitation des sites de reproduction disponibles.
Le Balbuzard pêcheur protégé par un Plan National d’Actions
Le Balbuzard pêcheur fait partie de la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) comme une espèce en danger critique. Après un premier plan national de restauration visant à améliorer les connaissances sur l’espèce, à identifier les menaces et à consolider les populations, la France a lancé un nouveau Plan National d’Actions (PNA) sur 10 ans, entre 2020 et 2029. Il s’agit du Plan national d’actions en faveur du Balbuzard pêcheur et du Pygargue à queue blanche.
En améliorant les mesures de préservation du Balbuzard pêcheur, l’objectif du PNA est de conserver les populations du rapace en Corse et d’assurer son retour en France continentale, sur les bassins hydrographiques et les littoraux corses.
Voici les 6 objectifs identifiés par le PNA :
👉 “Acquérir davantage de connaissances sur ces espèces pour améliorer l’efficacité des mesures de conservation ;
👉 Préserver l’habitat des deux espèces et accompagner l’expansion de leur aire de répartition ;
👉 Soutenir les dynamiques de population en réduisant les causes de mortalité et d’échecs de la reproduction ;
👉 Permettre de concilier préservation des espèces et activités humaines ;
👉 Favoriser la coopération internationale avec les pays concernés ;
👉 Coordonner le plan, soutenir les réseaux, promouvoir les échanges et sensibiliser.”
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Des mesures de protection particulières en Corse
L’objectif de ces mesures est donc d’assurer la reproduction des Balbuzards pêcheurs. En Corse, le taux de reproduction de l’espèce a fortement chuté, notamment sur le littoral nord occidental. D’après les données de l’Office de l’Environnement de la Corse (OEC) relayées dans un article de Sciences et Avenir, un total de 9 nids vont faire l'objet de mesures de protection en 2024. Un de ces nids se trouve dans la réserve naturelle de Scandola.
La préfecture maritime de la Méditerranée a donc acté via un arrêté l’interdiction de naviguer aux abords de ces nids, entre le 1er mai et le 31 juillet “avec une possibilité d’extension au mois d'août”. Par ailleurs, un dispositif de protection pérenne (deux arrêtés permanents) ont été établis entre les préfets de Corse et le préfet maritime de la Méditerranée afin d’assurer la protection de nids chaque année.
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